Depuis la fin février, cinq riverains de la falaise Poullic-Al-Lor ont déposé un recours contre le permis de construire d'Iroise promotion. Ces cinq habitants du quartier, situé en contrebas de la chambre de commerce et d'industrie, s'opposent, en effet, au projet de Jacques Colin de construire 27 appartements à proximité de leurs maisons.
Leurs trois arguments sont :
  • les problèmes de circulation automobile que cela risque d'engendrer dans des artères déjà exiguës
  • les risques d'effondrement de la falaise
  • l'ampleur du projet qui ne s'intègre pas, selon eux, dans le paysage.
Ce à quoi le promoteur répond
  • que son projet va « revaloriser » le quartier alors que le terrain actuel est squatté
  • qu'une étude géotechnique a été réalisée pour prouver la solidité des plateformes constructibles
  • que la ville et l'architecte des bâtiments de France ont validé son projet. Ce sera désormais au tribunal administratif de trancher.
Vieilles pierres sous les ronces
Mais depuis, les riverains ont trouvé un nouvel argument :
il y a sur le terrain de 6500 m2 appartenant à Jacques Colin des ruines qui méritent d'être préservées.
On pensait qu'elles avaient de la valeur. Mais on n'imaginait pas à quel point
dit Alain Houard, l'un des cinq requérants. C'est Ronan Taburet, féru de patrimoine historique, qui a éclairé ses voisins.
Mais, les vieilles pierres sont enfouies sous des ronces
explique ce vieux monsieur. Pierre Le Goïc, professeur d'histoire à Brest, est d'ailleurs venu visiter le site et a confirmé son intérêt
Il ne faudrait pas que le promoteur vienne avec un bulldozer et qu'il rase tout
s'inquiète Monique Quéré, riveraine du chantier et également partie prenante dans le recours en justice.
J'ai un mur ancien dans le fond de mon terrain. Je ne veux pas qu'il s'effondre parce qu'on aura creusé à 3 m de profondeur sur le terrain en contrebas
poursuit Alain Houard. Il aimerait d'ailleurs que la ville dédommage le promoteur pour qu'il puisse « construire des bâtiments de taille moindre et ainsi préserver le site historique ».

source : Solange ESTEVES. Ouest-France