Pour la seule année 1950, une trentaine de marins pêcheurs perdent la vie en faisant leur métier.
  • Le 21 janvier, le Korrigan, un malamok(1) de Lesconil, se brise sur les récifs du Men Du. Il n'y a aucun rescapé parmi les six hommes d'équipage. Cinq des victimes appartiennent à la même famille.
  • Dans la nuit du 20 mars, le Danton, un chalutier-thonier de 16,50 mètres, lancé en 1948, dont l'équipage est de Léchiagat,(Finistère sud) revient de Jones Bank après sa marée. La mer est grosse sans atteindre la tempête. Au petit matin, le préposé aux douanes observe une multitude d'épaves jonchant la grève sur la plage du Steir au Guilvinec. Dont une bouée couronne portant le numéro 7242, celui du Danton. Le naufrage fait huit disparus.
  • Nouvau drame le 15 juillet. Dans la pluie et le vent, une pinasse (2) douarnéniste, le Mathieu Bihen, se fracasse sur les rochers entre Molène et Le Conquet. Il n'y a pas de rescapés parmi les douze hommes.
Les moyens de transmission restent rudimentaires,. Les navires ne disposent pas toujours des moyens radio capables de recevoir les avis de tempête ou de lancer un SOS. L'alerte n'est parfois déclenchée que plusieurs jours après le dernier contact.
Tout espoir abandonné de retrouver les deux chalutiers concarnois disparus
indique Ouest France dans son édition du 23 février 1951. Voilà près d'un mois que le Moliva, (8 hommes) et Les Flots Bleus (9 hommes) n'ont plus donné de leurs nouvelles...
Toujours en 1951, le langoustier camarétois Roger-Marie fait naufrage sur a côte portugaise. Dans un premier temps, on annonce que les sept hommes ont été recueillis par un autre langoustier français. Malheureusement, il s'agit d'une fausse nouvelle.
Les pertes humaines sont d'autant plus lourdes que les bateaux embarquent des équipages souvent nombreux. En mars 1952, le naufrage du All Right, un chalutier du Guilvinec, fait 16 disparus. Il a été surpris à 100 miles du large par la tempête alors qu'il pêchait le maquereau à la dérive.
Le drame le plus épouvantable a lieu fin novembre 1954. Une tempête d'une violence incroyable, qui s'étend du large de l'Irlande à la Suède, engloutit des dizaines de navires. Le bilan du coup de vent est terrible: 64 marins pêcheurs cornouaillais sont portés disparus. Ils laissent derrière eux 47 veuves et 85 orphelins. Sept bateaux de pêche du Finistère ont fait naufrage.
cinq chalutiers de Concarneau:
  • le Perle d'Arvor
  • le Tourville
  • le Alain-Yvon
  • le Berceau de Moïse
  • le Pierre-Nelly
un palangrier de Douarnenez:
  • le Tendre Berceuse
de Lesconil:
  • le Lilas Blanc
Le jeudi 9 décembre 1954, le ministre de la marine marchande, Jacques Chaban-Delmas, annonce que tout espoir de retrouver des survivants est perdu. Le 16 décembre, il n'y a pas assez de place dans l'église de Concarneau pour accueillir les 7000 personnes venues rendre un dernier hommage aux péris en mer.
La Marine Nationale n'est pas épargnée. Six finistériens figurent parmi les victimes du naufrage du sous-marin Sybille, disparu corps et biens le 24 septembre 1952, par 700 mètres de fond, à six miles au large de Saint Tropez. A bord se trouvent 48 officiers et hommes d'équipage. L'épave n'a jamais été retrouvée.
  1. Ancien bateau de pêche de Douarnenez, à moteur, long d'une vingtaine de mètres.
  2. Embarcation à fond plat.

source: Ouest France