Ces recherches étaient considérées comme secrètes et Electricité de France faisait tout pour les cacher, veillant constamment à ce que ces recherches sur l'énergie éolienne et l'expérience de Nogent-le-Roi restent discrètes. Mais la presse ne pouvait passer sous silence un engin aussi voyant dressé dans la plaine du Thymerais.
Par ailleurs, vers 1960 -conséquence peut-être de l'affaire de Suez en 1956- M. Argand a poussé plus loin ses travaux car il écrit:
j'allais très souvent pour raisons professionnelles dans votre si belle (et si mal connue) région du nord-ouest Finistère. J'ai même acheté pour Electricité de France, 4 hectares près de Trémazan (en Landunvez) dans le but d'y transporter un immense moulin à vent d'essais, débitant directement sur le réseau général électrique, précédemment installé près de Chartres.
Mais la soi-disant baisse à craindre du prix du mazout et les soi-disants progrès rapides de l'énergie atomique ont mis fin à nos tentatives d'utilisation en Bretagne ou ailleurs de l'énergie éolienne.
Au vu des circonstances actuelles, on peut sans doute regretter que l'on est abandonné des recherches intéressantes et sans doute rentables. Où en serait l'énergie éolienne aujourd'hui -et notre position par rapport aux énergies fossiles- si les expériences de M. Argand avaient été poursuivies?

Source: Les Cahiers de l'Iroise, Ch Yves Peslin