Les associations écologistes France Nature Environnement (FNE) et Eau et Rivières de Bretagne (ERB) ont formé un "recours gracieux" contre un décret assouplissant les normes d'épandage des effluents d'élevage, jugés responsables de la prolifération des algues vertes.  

Dans un communiqué commun, FNE et Eau et Rivières de Bretagne expliquent qu'elles ont formé jeudi "un recours gracieux contre le décret "nitrates" du 10 octobre" qui, selon elles, "loin de résoudre le problème des algues vertes (...) risque même d'aggraver la pollution des eaux par les nitrates".

Le décret permet d'augmenter les quantités d'azote épandues sur les terres agricoles, à contre-courant des efforts de réduction des nitrates dans les eaux. Les rejets azotés liés à l'élevage industriel et à l'épandage d'engrais sont considérés comme propices à la prolifération des algues vertes, dont la décomposition provoque des gaz toxiques.

La publication de ce décret au Journal officiel a suscité la colère des associations de défense de l'environnement et des élus écologistes, qui y ont vu une contradiction avec la volonté affichée du gouvernement de réduire les taux de nitrates dans les eaux et de lutter contre les algues vertes. Selon Eau et Rivières de Bretagne, le décret permet théoriquement "d'augmenter de 20% le plafond d'azote pouvant être épandu sur les exploitations". FNE et ERB, par ce recours gracieux, demandent donc "à la ministre de l'Ecologie et au ministre de l'Agriculture d'abroger ce décret".